En France en 2025, la température a dépassé de 2,5 °C celle de l’ère préindustrielle
Selon les données dévoilées le vendredi 20 mars 2026 par Météo-France, l’Hexagone a connu une année 2025 particulièrement chaude, avec une température moyenne de supérieure de 2,5 °C à l’ère préindustrielle. Plus les années passent, plus les inquiétudes pour l’avenir de l’agriculture progressent.
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Pour l’année 2025, la température moyenne observée en France a dépassé de 2,5 °C son niveau de l’ère préindustrielle. Face au réchauffement climatique et aux aléas météorologiques, les agriculteurs sont inquiets pour l’avenir de leur métier. À l’occasion de la Journée météorologique mondiale, vendredi 20 mars 2026, Météo-France et le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) étaient présents à Paris au Parc André Citroën pour décrypter l’évolution des risques météo-climatiques.
D’après un sondage réalisé par Odoxa pour l’assureur Generali, plus d’un Français sur deux a déjà subi un dommage lié au climat. Les phénomènes le plus souvent cités sont les tempêtes et vents violents, à 41 %, suivies par la grêle à 30 % puis les inondations à 15 %. Au mois de février 2026, ces dernières ont provoqué d’impressionnantes crues dans l’Ouest et le Sud-Ouest. Celles-ci ont été particulièrement dévastatrices pour les agriculteurs.
« La température annuelle moyenne à Paris pourrait atteindre celle de Montpellier actuellement »
Une étude publiée en mai 2025 par la Banque européenne d’investissement a évalué l’impact des aléas climatiques sur l’agriculture européenne en projetant les conséquences économiques à l'horizon de 2025. Selon ce rapport, la sécheresse, la grêle, le gel ou les fortes précipitations sont à l’origine de 80 % des pertes agricoles en Europe. La moitié du risque climatique serait causée par la sécheresse. D’ici à quelques années, d’après les prévisions, cet aléa risque de s’intensifier dans le sud, le sud-est et la partie centrale de l’Europe.
En mars 2025, Météo-France indiquait que d’ici à 2100 la France devait se préparer à une augmentation de 4 °C de sa température moyenne. Selon la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc), le nombre de jours en vague de chaleur pourrait être multiplié par dix et le nombre de nuits chaudes par cinq.
« La température annuelle moyenne à Paris pourrait atteindre celle de Montpellier actuellement », a présenté Virginie Schwarz, présidente-directrice générale de Météo-France. Pour ce qui est des fortes pluies, les épisodes les plus intenses gagneraient jusqu’à 5 mm en 2100 aggravant les risques d’inondation par ruissellement.
« L’une des clés, c’est la mise à disposition de données de qualité »
Pour que le secteur agricole s’adapte au réchauffement climatique, en février 2024, Météo-France et Solagro ont créé le service Climadiag Agriculture et forêt afin que les agriculteurs puissent évaluer la vulnérabilité de leurs exploitations. Concrètement, cette plateforme est enrichie d’indicateurs et de jeu de données pour prédire l’évolution climatique à l’échelle locale.
Pour anticiper les risques, d’autres outils existent. Grâce à des instruments satellitaires et à des relevés effectués au sol ou par avion, le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) apporte son soutien aux services météorologiques et hydrologiques. Son expertise s’inscrit au cœur de son partenariat avec le programme Copernicus de l’Union européenne, la composante d’observation de la Terre du programme spatial européen.
« Dans le contexte de ce programme, l’une des clés, c’est la mise à disposition de données de qualité bien documentées et disponibles en libre accès », explique Matthieu Chevalier, chef de section prévision et risques au CEPMMT. Pour ce faire, le service intitulé Agreera permet d’aiguiller les agriculteurs.
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